Microdrama : définition, plateformes et marché du micro-drama
Un microdrama est une série de fiction faite pour le téléphone, en épisodes d'une à deux minutes le plus souvent, qui se débloquent un à un contre paiement ou publicité. Microdrama, micro-drama et micro drama sont trois graphies d'un même mot anglais ; vertical drama, short drama et duanju recoupent ce mot sans le recouvrir, et les sources ne s'accordent pas entre elles.
Ce que désigne le mot
Le microdrama est une fiction sérialisée en épisodes très courts, regardée sur smartphone, qui s'achève presque toujours sur un rebondissement censé donner envie du suivant. Omdia, le cabinet d'analyse qui chiffre le secteur, le décrit en février 2026 comme un format d'une à deux minutes par épisode, vertical et pensé d'abord pour le mobile, que regardent surtout des femmes de 25 à 45 ans.[1]
Une saison compte de 40 à 80 épisodes, d'après la consultante Beatrice Rossmanith citée par franceinfo. Les premiers épisodes sont gratuits, la suite se déverrouille avec des jetons ou en regardant une publicité ; BFM compte de 10 à 20 dollars pour une série entière.[10][11]
La durée de l'épisode est le point où les sources divergent le plus, et la divergence existe chez un même émetteur.
| Source | Durée annoncée | Date | Source |
|---|---|---|---|
| Omdia | 2 à 3 minutes | 2025-10-14 | [2] |
| Omdia | 1 à 2 minutes | 2026-02-23 | [1] |
| Deadline | 1 à 3 minutes | 2026-02-23 | [3] |
| CNBC | 90 secondes à 2 minutes (le duanju chinois) | 2025-07-22 | [8] |
| CNC | 20 épisodes d'environ 3 minutes (série verticale française P*tain de soirée) | 2026-07-16 | [7] |
Microdrama, vertical drama, short drama, duanju
Aucun de ces termes n'a de définition officielle commune. Le tableau dit ce que chacun désigne dans les sources lues, ce qui le distingue des autres, et où l'usage se contredit. Les graphies microdrama, micro-drama et micro drama figurent sur la même ligne parce qu'aucune source consultée ne leur donne des sens différents.
| Terme | Ce qu'il désigne | Ce qui le distingue | Où l'usage diverge | Source |
|---|---|---|---|---|
| microdrama, micro-drama, micro drama | Série de fiction en épisodes très courts pour mobile, vendue par déblocage ou publicité. | Terme des cabinets et de la presse économique : Omdia écrit « microdrama », Media Partners Asia (MPA) et le CNC écrivent « micro-drama », BFM écrit « mini (ou micro) dramas ». | Omdia donne 2 à 3 minutes en octobre 2025 et 1 à 2 minutes en février 2026. Le CNC emploie « micro-drama » pour les applications payantes asiatiques, et en parle avec sévérité. | [2][1][4][7][11] |
| vertical drama | Fiction sérialisée tournée en 9:16, en épisodes courts, vue sur téléphone, souvent via une application dédiée. | Met la forme de l'image au premier plan : un vertical drama est vertical par définition. | Le magazine Definition attribue à des « vertical dramas » les 11 puis 14 milliards de dollars qu'Omdia compte pour les « microdramas » : la presse traite les deux mots comme un seul périmètre. En France, le producteur Pierre Hervé dit préférer « vertical drama » à « micro-drama », parce que le vertical peut porter tous les genres. | [12][3][7] |
| short drama | Traduction anglaise de 短剧, série courte. | Ne contient aucune exigence de format vertical ni de durée de une à deux minutes. | CNBC l'emploie en août 2026 pour la production chinoise et chiffre un marché « microdrama et manju » sans définir le second mot. Le texte réglementaire chinois fixe une limite à moins de 20 minutes par épisode, loin des 1 à 2 minutes décrites ailleurs. | [9][14] |
| duanju | Mot chinois pour la série courte, repris en alphabet latin. | Catégorie de la vidéo en ligne chinoise, antérieure à l'export mondial. Ses épisodes peuvent dépasser 10 minutes et être horizontaux. | CNBC écrit « duanju (micro drama) » comme si les deux se valaient. Les plateformes chinoises de vidéo longue comptent beaucoup de séries courtes de plus de 10 minutes par épisode. Voir la page duanju. | [8][13][14] |
Ces termes se recoupent donc beaucoup, sans former des synonymes stricts. Dans les textes de Streaming Radar eux-mêmes, vertical drama, micro-drama et duanju ont servi de noms alternatifs pour le même objet commercial. Quand un chiffre de marché est cité, il faut regarder le mot que l'émetteur a employé et le périmètre qu'il a compté.
Ce que dit le CNC
Le 7 mai 2026, en ouvrant la Journée de la création, le président du CNC, Gaëtan Bruel, a demandé de « faire la distinction entre vertical drama et micro-drama » avant de dénoncer des intrigues simplistes et des logiques addictives. Le discours ne dit pas où passe la distinction : il l'invoque sans la définir.[6]
La seule articulation que le CNC publie sur le sujet figure dans son décryptage du 16 juillet 2026, à propos de séries d'ARTE et de France.tv Slash. Il désigne par « micro-drama » les séries d'applications payantes, en freemium ou en microtransactions, bâties sur des cliffhangers permanents. Le producteur Pierre Hervé y dit préférer « vertical drama », et la réalisatrice Léa Rouaud y dit vouloir raconter « une vraie fiction dramatique » avec certains codes du vertical. C'est la position de personnes citées, que le CNC rapporte. Elle ne vaut pas définition de l'établissement.[7]
Comment ça gagne de l'argent
Le modèle de paiement à l'épisode tient en une phrase : le spectateur arrive par une publicité sur YouTube, Instagram ou TikTok, regarde quelques épisodes gratuits, puis paie ou regarde une publicité pour la suite.[1][11]
Le coût principal est l'acquisition du spectateur. La consultante Ashley Dudarenok estime que 1 000 impressions publicitaires coûtaient 50 à 80 yuans en 2023 et environ 150 à 200 yuans en 2025, parfois plus de 300 yuans. Elle ajoute qu'un titre peut se tourner pour quelques centaines de milliers de yuans, et qu'y amener le public coûte bien davantage. Il s'agit d'une estimation de consultante pour le marché chinois, que CNBC rapporte.[9]
Les comptes de 2024 que rapporte MPA via Variety montrent l'écart entre le volume et la marge : ReelShort réalise environ 400 millions de dollars de recettes et reste déficitaire à cause du marketing, DramaBox déclare 323 millions de dollars de recettes et 10 millions de dollars de bénéfice net.[5]
Côté usage, Omdia mesure sur des données Sensor Tower que ReelShort atteint aux États-Unis 35,7 minutes par jour et par utilisateur, contre 26,9 pour Prime Video, 24,8 pour Netflix et 23 pour Disney+. Netflix compte pourtant environ 12 millions d'utilisateurs mobiles mensuels contre 1,1 million pour ReelShort. « Les microdramas gagnent la bataille de l'attention plutôt que celle de l'échelle », dit l'analyste d'Omdia Maria Rua Aguete.[1]
Plateformes citées par les sources
| Plateforme | Fait | Date | Source |
|---|---|---|---|
| ReelShort | Environ 400 millions de dollars de recettes, déficitaire (MPA) | 2024 | [5] |
| DramaBox | 323 millions de dollars de recettes, 10 millions de dollars de bénéfice net (MPA) ; 27,9 minutes par jour au Mexique, devant Prime Video (Omdia) | 2024 ; 2026-02 | [5][1] |
| FlickReels | 22,39 minutes par jour au Royaume-Uni contre 21,47 pour Prime Video (Omdia) | 2026-02 | [1] |
| ReelShort, DramaBox, GoodShort | Environ 50 % des téléchargements d'applications de microdrama aux États-Unis sur le début de 2025 (Sensor Tower) | 2025-07 | [8] |
| My Drama | Le public européen représente 30 % de son audience, selon une analyste citée par franceinfo | 2026-07 | [10] |
| ARTE, France.tv Slash | Séries verticales diffusées sur les réseaux sociaux : 3 minutes avant la fin du monde et P*tain de soirée | 2026-07 | [7] |
Les applications chinoises, dont Hongguo, et le détail de leur histoire sont traités dans la page duanju. Le comparatif de 12 applications avec propriétaires, recettes et utilisateurs se trouve dans l'annuaire de Streaming Lens.
Taille du marché
Les chiffres du marché mondial viennent d'estimations de cabinets d'analyse. Ils ne sont pas des mesures et chaque émetteur compte à sa façon.
Le communiqué d'Omdia relu à la source donne les 11 et 14 milliards, et 3 milliards de dollars hors de Chine en 2026 dont la moitié aux États-Unis. La formule « bien au-delà de 20 milliards » en 2030 apparaît dans l'article de Deadline qui le reprend, et pas dans le texte du communiqué. Elle est donc citée sous le nom de Deadline.[1][3]
Hors de Chine, MPA compte 1,4 milliard de dollars de recettes en 2024 et prévoit 9,5 milliards en 2030. Omdia parle de 3 milliards en 2026. Les deux chiffres viennent de deux cabinets, pour deux années : on ne peut pas en tirer une croissance. Le marché chinois fait l'objet de chiffres qui se contredisent, détaillés dans la page duanju.[4][1]
Questions fréquentes
Microdrama, micro-drama et micro drama, est-ce la même chose ?
Ce sont trois graphies d'un même mot anglais. Les sources consultées ne leur prêtent pas de sens différents : Omdia écrit microdrama, MPA et le CNC écrivent micro-drama.
Quelle différence entre vertical drama et micro-drama ?
Les deux termes recoupent le même objet commercial sans se confondre. Vertical drama met l'accent sur le format 9:16. En France, le CNC rapporte la préférence de producteurs pour vertical drama, et son président a demandé de distinguer les deux mots sans dire comment.
Combien dure un épisode de microdrama ?
Une à deux minutes chez Omdia en février 2026, deux à trois minutes dans son communiqué d'octobre 2025. Les séries verticales françaises de service public vont jusqu'à environ trois minutes.
Combien vaut le marché du microdrama ?
Omdia estime 11 milliards de dollars en 2025 et prévoit 14 milliards en 2026. Ce sont des estimations d'analyste. Les chiffres de la Chine divergent selon les sources.
Un microdrama est-il la même chose qu'un duanju ?
Non. Duanju est un mot chinois qui désigne une catégorie de séries courtes, dont les épisodes peuvent dépasser 10 minutes et ne sont pas tous verticaux. Voir la page duanju.